Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 21:41

 


Le bio et le commerce équitable
peuvent-ils nourrir le monde ?

 

 

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il désigne une forme d’échange dont le but est de réduire les inégalités et de permettre aux petits producteurs défavorisés d’accéder au marché des pays développés. Il s’agit donc d’aider des coopératives d’artisans et d’agriculteurs dans les pays du Sud en achetant leur production à des prix qui les rémunèrent correctement pour leur travail. (d’après «Artisans du monde »)

 

« Le Bio c’est tout d’abord un ensemble de certifications et labels, un ensemble de biens de consommation, une mode etc … Mais avant tout, le concept Bio est un mode de vie, un système de valeurs. » L’agriculture biologique est un mode de production qui utilise des pratiques culturales et d’élevages soucieuses du respect des équilibres naturels. Elle exclut l’usage de produits chimiques de synthèse, des OMG et limite l’emploie d’intrants. Le Bio privilégie le respect de l’agriculteur, de la nature, des animaux, de notre environnement et la santé (d'après « Artisans du Monde »)

 

50% des lycéens trouvent que le bio et le commerce équitable sont bons pour la planète et pour nous-mêmes.

30% ne connaissent pas de label bio ou du commerce équitable

Et 20% ne se prononcent pas.

 

 

Le Bio et le commerce équitable : nos amis pour la vie !

 

Peut-on nourrir le monde en changeant de système ?

Le Bio et le commerce équitable peuvent-ils nourrir le monde ?

 

Dans un premier temps on peut observer que le bio et le commerce équitable sont des modèles limités avec des possibilités accrues, mais comment peuvent-ils nourrir le monde ?

 

Dans un deuxième temps nous observerons que le bio et le commerce équitable sont limités à cause des problèmes de quantités, des problèmes d’argent et des problèmes liés à l’intégration au marché, à des échelles différentes.

Puis nous montrerons que de grandes possibilités sont envisageables concernant notre problématique (le bio et le commerce équitable peuvent-ils nourrir le monde), avec un modèle en extension, le « juste prix », et l’intégration au système du marché .

Enfin nous proposerons des solutions pour nourrir le monde de manière plus justes et plus écologique avec les produits issus du commerce équitable et du bio, en montrant le développement du bio et du commerce équitable et en proposant des solutions pour aller vers un système plus juste.

 

 

I-                    Des modèles limités

 

1-      Les problèmes de quantités

 

Au premier abord, le bio et le commerce équitable ne peuvent pas nourrir le monde à cause d’une production insuffisante.

A l’échelle nationale, la production des produits bio n’occupe que 2% de la surface agricole utile, ce qui représente environ 11 640 agriculteurs bios en France en 2007. On note donc une  augmentation insignifiante par rapport aux résultats de 1982. Quant à la production de produits bios dans le monde, elle est très largement mise de coté par rapport aux agricultures intensives ou OGM.

Le  commerce équitable suit à peu de choses près le même développement que l’agriculture biologique. On retrouve à l’échelle nationale une évolution extrêmement lente ainsi qu’à l’échelle mondiale ou les produits issus du commerce équitable sont encore méconnus du grand public.

 

2-      Les problèmes d’argent       

 

De plus, les produits bios présentent un gros désavantage par rapport aux autres produits : leur coût est plus élevé. Par exemple, on observe sur un marché Français qu’un kilo de tomates bios peut coûter deux fois plus cher qu’un kilo de tomates  non bios (2,50 € -->  5,00€)

A l’échelle locale, les produits bios restent très onéreux et inaccessibles à la plus part des habitants. Leur coût élevé les fait passer pour des produits de luxe que les consommateurs mettent de coté au profit de produits meilleur marché et non bios. On retrouve ce même phénomène à l’échelle nationale et mondiale.

Le commerce équitable reste lui aussi onéreux et subit le même sort que les produits bios à l’échelle nationale comme mondiale.

 

3-      Les problèmes liés à l’intégration du marché

 

Les produits bios sont issus du commerce équitable ont donc des difficultés à s’intégrer dans les habitudes des consommateurs.

En France, le total des ventes de produits issus du commerce équitable s’élève a 149 millions d’euros ce qui peut paraître énorme mais qui reste très inférieur aux chiffres d’autres pays européens tels la Suisse ou la Grande Bretagne [1]. De plus, à l’échelle locale, on observe très peu de points de vente de produits issus du commerce équitable. Quand aux produits bios ils forment une minorité sur le marché de la nourriture et peine à se faire une place.

                                                                                   

 

 

  

II-                  Des possibilités accrues

 

1-      Un modèle en extension

 

Pourtant, on note une amélioration à l’échelle nationale : les français se laisseraient de plus en plus séduire par l’alimentation bio. En effet, la consommation de ces produits a augmenté de près de 15 % en 2006 et 2007, de plus l’enseigne Biocoop a installé environ 300 magasins en France, ce qui favorise l’achat de produits issus de l’agriculture biologique et encourage les agriculteurs à se diriger vers l’agriculture bio [2]. Il existe aussi des AMAP, association pour le maintient de l’agriculture paysanne, visant à favoriser l’agriculture paysanne et biologique qui à du mal a subsister face à l’agro-industrie [3]. Quant aux surfaces agricoles qui ont commencé à se convertir au bio en 2009 elles sont "cinq fois plus importantes qu'en 2008", selon un communiqué du ministère de l'Agriculture, qui rappelle que l'objectif est de tripler d'ici 2012 les terres dédiées à l'agriculture biologique.

Même si le commerce équitable peine à se déployer, il se développe de manière conséquente. Par exemple, le café occupe encore 50% des parts du marché mais on observe une grande diversité des produits avec la commercialisation de vêtements et cosmétiques certifiés.

 

2-      Le problème du « juste prix »

 

Les produits bios sont issus du commerce équitable et restent extrêmement chers, mais ce prix n’est-il pas justifié ? Nous payons plus cher parce que les produits viennent de loin et qu’il faut rémunérer ceux qui les produisent avec un salaire décent : c’est le principe même du commerce équitable. Les produits à bas coût ne sont-ils pas une forme de sacrifice car les producteurs sont mal rémunérés par rapport au revendeur ou l’agriculture utilisée est une agriculture intensive.

De plus, se pose un problème par rapport à cette agriculture intensive : les invendus sont le plus souvent envoyés sur les marché en Afrique à un prix défiant toute concurrence ; les producteurs africains ne peuvent donc pas rivaliser et ainsi meurt l’agriculture locale africaine et ses producteurs.

 

3-      L’intégration au système du marché

 

L’intégration du Bio et du commerce équitable commence à se développer. En effet on peut voir de plus en plus de produits bio ou issus du commerce équitable dans les grandes surfaces comme des légumes (identifiés comme bios et locaux) ainsi que des produits certifiés du commerce équitable comme le chocolat ou le café. Cela démontre une envie de changement de la part des consommateurs mais aussi des grandes surfaces qui répondent à leurs besoins. Enfin, le commerce équitable représente une minorité du secteur de l’alimentaire, mais sa progression de plus de 25 % en est d’autant plus spectaculaire.

 

 

 

III-                Mais comment nourrir le monde ?

 

1-      Le Bio et le commerce équitable.

a-      Les bienfaits du Bio.

 

Le Bio a un fort impact sur la santé et des qualités nutritionnelles meilleures que dans les autres produits. En effet un rapport de L’AFSSA, Agence française de sécurité sanitaire des aliments, prouve que les produits biologiques ont des teneurs plus importantes en :

-          Matière sèche dans les légumes (légumes racines et les légumes feuilles)

-          Magnésium et fer dans certains légumes

-          Acides gras polyinsaturés dans les viandes (ruminants, porcs, volailles)

-          Vitamine C dans certains légumes

-          Polyphénols (Les polyphénols constituent une famille de molécules organiques largement présente dans le règne végétal)

Le bio a aussi un impact économique. Même si elle n’est pas encore très développé dans le monde, l’agriculture biologique rapporte quand même beaucoup d’argent. Effectivement en 2009, malgré la crise économique, la vente des aliments certifiés bios est de 33% supérieur à celle des aliments issus de l’agriculture conventionnelle.

Les produits bios sont donc meilleurs, plus sains  pour la santé de l’homme, de l’animal et de la Terre, et se développent de plus en plus économiquement.

 

b-      Les bienfaits du commerce équitable.

 

Les principes du commerce équitable sont d’assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leur besoins, puis de garantir le respect des droits de l’homme, d’instaurer des relations durables entre des partenaires économiques, de préserver l’environnement et de proposer des produits de qualité.

A travers le monde, les organisations de commerce équitable s'efforcent de construire les fondations d'un commerce plus juste par des partenariats commerciaux équitables au Sud et des actions de sensibilisation.[4]

Le commerce équitable recouvre trois dimensions complémentaires :

  • une dimension socio-économique : des échanges commerciaux équitables et un développement durable.
  • une dimension éducative pour d'autres modes de relations commerciales basées sur la confiance et la transparence.
  • une dimension politique avec un engagement pour plus de justice dans les règles du commerce international.[5]

 

 

2-      Des solutions pour aller …

 

Des efforts sont faits pour le développement du bio et du commerce équitable, mais ceux-ci restent insuffisants. Des solutions sont envisageables : en effet le nombre de SAU, surface agricole utile, dédiées à l’agriculture biologique reste trop faible dans le monde, par exemple en Europe seul 6 % des SAU sont dédiées à l'agriculture biologique.

En contrepartie des efforts sont faits au niveau de la publicité et du marketing. En effet les labels visent un public de plus en plus large à l'aide de produits de qualités et de plus en plus variés, de l'alimentation aux cosmétiques en passant par le textile. De plus grâce à l'aide financière du gouvernement, de la demande croissante des consommateurs ainsi que la distribution par les grandes surfaces, de la mise en place de coopératives et de la concurrence des marchés, ces produits sont désormais moins chers.

 

 

3-      …vers un système plus juste

 

« Dans l'idéal, un système plus juste arrêterait de tout axer sur le profit et l'argent. Il respecterait les petits producteurs et aurait dans ses premiers paramètres le respect de l'environnement. Ce système encouragerait l'entente entre chaque pays, mettant de côté les compétitions de marché, et l'influence des pays riches sur les pays pauvres : ce serait l'abolition des inégalités. De plus ce système informerait les consommateurs qui se sentiraient concernés par les problèmes tels que l'égalité entre producteurs et la pollution engendrée par l'agriculture. Il faudrait faire du PIB la mesure de toute chose, performance, bien-être, qualité de vie, alors qu'il ne représente qu'une mesure de l'activité économique marchande.»

Selon le livre de STIGLITZ Joseph, SEN Amartya et FITOUSSI Jean-Paul.

 

 

 

 

 


 

 


Le Bio et le commerce équitable ne peuvent actuellement pas nourrir le monde étant donnée les conditions sociales d’aujourd’hui : le système international étant basé sur le profit, il met donc à part les petits producteurs du tiers monde peu productifs et privilégie l’agriculture intensive, polluante, et non respectueuse de l’environnement. Evidemment, ce système concurrentiel et élitiste est en train d’évoluer : les consommateurs sont avertis des bienfaits de l’agriculture biologique et se sentent de plus en plus responsables de leur environnement. De plus, de nombreux labels se créent et commercialisent des produits issus du commerce équitable variés, de l’alimentation au textile en passant par les cosmétiques. Face à cette demande accrue des consommateurs, de plus en plus de grandes surfacent mettent en vente des produits agricoles bios ou labélisés du commerce équitable. Mais pour l’instant, malgré une popularité accrue face au public, le Bio et le commerce équitable ne pourraient pas à eux seuls, subvenir aux besoins de la population mondiale.

 

Par lebio-et-lecommerceequitable.over-blog.fr
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